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Pour une rhétorique des lieux de mémoire : Approches sémiotiques

Sonesson, Göran LU (2019) p.37-54
Abstract
Commençons par situer les travaux de Maurice Halbwachs en amont et en aval. En amont, on peut y voir une anticipation, à la fois de ce qui est devenu depuis un classique de la littérature sur l’architecture, « L’image de la cité » de Kevin Lynch, publié en 1960, et aussi, dans une direction assez différente, de la notion de cognition étendue, telle qu’elle est abordée en ce moment, dans la science cognitive, la linguistique et la philosophie. En aval, nous rencontrons, bien avant la reprise de cette phrase par Pierre Nora, les « lieux de mémoire « faisant partie de l’art de mémoire, lui-même une partie de l’ancienne rhétorique (« la méthode de loci »). Dans l’itinéraire aux lieux saints (Halbwachs 1941), nous reconnaissons les voies, les... (More)
Commençons par situer les travaux de Maurice Halbwachs en amont et en aval. En amont, on peut y voir une anticipation, à la fois de ce qui est devenu depuis un classique de la littérature sur l’architecture, « L’image de la cité » de Kevin Lynch, publié en 1960, et aussi, dans une direction assez différente, de la notion de cognition étendue, telle qu’elle est abordée en ce moment, dans la science cognitive, la linguistique et la philosophie. En aval, nous rencontrons, bien avant la reprise de cette phrase par Pierre Nora, les « lieux de mémoire « faisant partie de l’art de mémoire, lui-même une partie de l’ancienne rhétorique (« la méthode de loci »). Dans l’itinéraire aux lieux saints (Halbwachs 1941), nous reconnaissons les voies, les limites, les quartiers, les nœuds, et les points de repère de Lynch, traduits dans n’importe quelle ville. De ce point de vue-là, nous avons affaire à un parcours, aussi dans le sens greimassien de la réalisation d’un contrat qui amène le protagoniste à subir plusieurs épreuves afin de se montrer digne de son rôle de sujet proprement dit. Les monuments au sens classique du terme sont des stratégies, au sens de Michel de Certeau, parce qu’ils relèvent des institutions et des structures du pouvoir : par conséquent, ils ne créent aucune tension, et, donc, aucune rhétorique, dans la cité. En revanche, les monuments édifiés sur les lieux des actes terroristes, qui sont la plupart du temps le fait des particuliers, semblent constituer des tactiques dans le sens de de Certeau ; ils créent donc une tension, c’est-à-dire une rhétorique. Cependant, l’on peut se demander s’il n’y a pas un certain conformisme aussi dans ces actes à mi-chemin entre les stratégies et les tactiques. Nous parlerons donc de tactiques stratégiques (Less)
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organization
alternative title
För en minnesplatsens retorik : Semiotiska närmanden
publishing date
type
Chapter in Book/Report/Conference proceeding
publication status
published
subject
keywords
Semiotik
host publication
Monuments, (de)monumentalisation : Approches sémiotiques - Approches sémiotiques
editor
Beyaert-Geslin, Anne ; Chatenet, Ludovic ; Okala , Françoise ; ; and
pages
17 pages
publisher
PULIM
ISBN
9782842877422
language
French
LU publication?
yes
id
e7c6c082-0a9f-42ce-bafb-50d65a6f19e4
date added to LUP
2019-12-17 13:30:29
date last changed
2020-01-10 02:26:36
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  abstract     = {Commençons par situer les travaux de Maurice Halbwachs en amont et en aval. En amont, on peut y voir une anticipation, à la fois de ce qui est devenu depuis un classique de la littérature sur l’architecture, « L’image de la cité » de Kevin Lynch, publié en 1960, et aussi, dans une direction assez différente, de la notion de cognition étendue, telle qu’elle est abordée en ce moment, dans la science cognitive, la linguistique et la philosophie. En aval, nous rencontrons, bien avant la reprise de cette phrase par Pierre Nora, les « lieux de mémoire «  faisant partie de l’art de mémoire, lui-même une partie de l’ancienne rhétorique (« la méthode de loci »). Dans l’itinéraire aux lieux saints (Halbwachs 1941), nous reconnaissons les voies, les limites, les quartiers, les nœuds, et les points de repère de Lynch, traduits dans n’importe quelle ville. De ce point de vue-là, nous avons affaire à un parcours, aussi dans le sens greimassien de la réalisation d’un contrat qui amène le protagoniste à subir plusieurs épreuves afin de se montrer digne de son rôle de sujet proprement dit. Les monuments au sens classique du terme sont des stratégies, au sens de Michel de Certeau, parce qu’ils relèvent des institutions et des structures du pouvoir : par conséquent, ils ne créent aucune tension, et, donc, aucune rhétorique, dans la cité. En revanche, les monuments édifiés sur les lieux des actes terroristes, qui sont la plupart du temps le fait des particuliers, semblent constituer des tactiques dans le sens de de Certeau ; ils créent donc une tension, c’est-à-dire une rhétorique. Cependant, l’on peut se demander s’il n’y a pas un certain conformisme aussi dans ces actes à mi-chemin entre les stratégies et les tactiques. Nous parlerons donc de tactiques stratégiques},
  author       = {Sonesson, Göran},
  booktitle    = {Monuments, (de)monumentalisation : Approches sémiotiques},
  editor       = {Beyaert-Geslin, Anne and Chatenet, Ludovic  and Okala , Françoise },
  isbn         = {9782842877422},
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  pages        = {37--54},
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